Voyage
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Dès qu’un Otahitien eft mort, fa maifon fe rem-Ann. 1769. p|j t (j e p aren s qui déplorent cette perte ; les uns parde grandes lamentations & d’autres par des cris moinsforts, mais qui font des expreffions plus naïves de ladouleur. Les plus proches parents du défunt, qui fontréellement affeélés par cet accident, relient en filence;le relie des Infulaires qui compofent l’alTembiée pro-fèrent de tems en tems en chœur des exclamationspalîionnées, ôc le moment d’après, ils rient & parlentenfemble fans la moindre apparence de chagrin. Ilspalfent de cette manière le relie du jour de la mort& toute la nuit fuivante. Le lendemain au matin , lecadavre enveloppé d’étoffes eft conduit au bord de lamer fur une biere que des hommes portent fur leursépaules , & il ell accompagné d’un Prêtre qui, aprèsavoir prié fur le corps, répète fes oraifons pendant lamarche du convoi. Lorfqu’ils font arrivés près de l’eau ,ils dépofent le défunt fur le rivage ; le Prêtre réitéré fesprières , ôc prenant un peu d’eau dans fes mains , illa jette non pas fur le corps mais à côté. Ils rem-portent enfuite le cadavre à quarante ou cinquanteverges delà , ôc bientôt après on le rapporte une fé-condé fois fur le rivage où l’on renouvelle les prièresôc les afperfions. Ils le portent Ôc reportent ainfi plu-fieurs fois, ôc tandis qu’ils font ces cérémonies, d’au-tres Infulaires conflruifent un hangar & environnentde palilîàdes un petit efpace de terrein. Au centre dece hangar où Tupapow , ils dreffent des poteaux pour' foutenir la biere , ôc fur lefquels elle eft à la fin pla-cée; on y laifle .pourrir le cadavre jufqu’à ce que lachair foit entièrement détachée des os.
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