Voyage
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1 cette pefte terrible qui venge les cruautés que les Es-pagnols ont commifes en Amérique. Il eft certain quele Dauphin , VEndeavour & les deux Vaifleaux com-mandés par M. de Bougainville , font les feuls bâti-mens Européens qui aient abordé à Otahiti , 8c cefont les Anglois ou les François qui y ont porté cettemaladie. Le Capitaine Vallis s’eft juftifié fur cet articledans la relation de fon voyage ( Doy. la pag. 161) ; 8cil efl: très-fûr que lorfque nous arrivâmes dans l’Ifle , elley avoit déjà fait les ravages les plus effrayans. Un de nosgens l’y contraâa cinq jours après notre débarque-ment ; nous fîmes des recherches à cette occafion , 8clorfque nous entendîmes un peu la langue des Infulai-res , nous apprîmes qu’ils en étoient redevables auxVaifleaux qui avoient mouillé fur le côté oriental deflfle , quinze mois avant notre arrivée : ils la diftin-guoient par un mot qui revient a celui de pourriture ,& auquel ils donnoient une lignification beaucoup plusétendue ; ils nous décrivirent dans les termes les pluspathétiques , les fouffrances des premiers infortunésqui en furent les viétimes ; ils ajoutèrent qu’elle fai-loit tomber les poils 8c les ongles , & pourrifloit lachair jufqu’aux os ; qu’elle répandit parmi eux uneterreur & une confternation univerfelle ; que les mala-des étoient abandonnés par leurs plus proches parens,qui craignoient que cette calamité ne fe communiquâtpar contagion, 8c qu’on les laiflbit périr feuls dans destourmens qu’ils n’avoient jamais connus auparavant.Nous avons pourtant quelque raifon de croire qu’ilsont trouvé un fpécifique contre ce mal. Pendant no-tre féjour dans flfle , nous n’avons vu aucun Otahi-
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