du Capitaine Coüic. jc?
les Prêtres répètent ces cérémonies jufqu’k ce que lemalade meure ou recouvre la fanté. S’il revient enfan té , ils difent que les remèdes l’ont guéri, & s’ilmeurt, ils déclarent que la maladie étoit incurable ,en quoi peut-être ces Médecins ne différent pas beau-coup de ceux des autres pays.
Ann. 1769.Juillet.
Si nous jugeons de leurs connoiflhnees en Chirur-gie , par les larges cicatrices que nous leur avons vuesquelquefois , nous devons fuppofer qu’ils ont fait plusde progrès dans cet art que dans la Médecine, & quenos chirurgiens d’Europe auroient à peine l’avantagefur les leurs. Nous avons vu un homme dont le vifageétoit entièrement défiguré par les fuites de fes blefîu-res ; fon nez , y compris l’os & le Cartilage, étoit abso-lument ras; l’une de fes joues & un de fes yeux,avoicreçu de fi terribles coups qu’ils y avoient laide un creuxoù le poing pouvoit prefque entrer , & où il ne ref-toit pourtant point d’ulcéres. Tupia , qui s’embarquaavec nous , avoit été percé de part en part par une ja-veline •,* armée à la pointe, de l’os d’une efpèce de raie ;l’arme étoit entrée par le dos, & fortie au-defïous dela poitrine. Excepté le traitement des fraélures & desluxations, le plus habile Chirurgien contribue très-peua la guérifon d’une bleflure ; le fang eft le meilleurde tous les baumes vulnéraires, & lorlque les humeursdu corps font pures & que le malade cft tempérant, ilne faut, pour guérir la bleflure la plus confidérable,qu’aider à la nature en tenant la plaie propre.
Le commerce des Otahitiens avec les habitans del’Europe, les a déjà infeéiés de la maladie vénérienne,