du Capitaine Cook. 503
nombre ; il ne paroît pas qu’ils en aient befoin , carces deux cens dix fois répétées montent à deux mil-le ; quantité fi forte pour eux qu’elle ne fe rencontreprefque jamais dans leurs calculs.
Ils font moins avancés dans l’art de mefurer lesdiflances que dans celui de compter les nombres ; ilsn’ont qu’un terme qui répond à notre braffe : lorfqu’ilsparlent de la diftance d’un lieu à un autre, ils l’expri-ment comme les Afiatiques , par le tems qu’il fautpour la parcourir.
I.a langue des Otahitiens eft douce & mélodieufe, Langue,elle abonde en voyelles , & nous apprîmes aifément kla prononcer ; mais nous trouvâmes qu’il étoic très-difficile de leur enfeigner à prononcer un feul mot dela nôtre. Cette difficulté provenoic peut-être non-feu-lement de ce que/l’Anglois eft rempli de conformes,mais encore parce que cette langue à une compofition.particulière ; car ils prononçoient avec beaucoup defacilité les mots Efpagnols & Italiens , lorfqu’ils finif-foient par des voyelles.
Nous ne connoiffons pas affez la langue d 'Otahitipour favoir fi elle eft abondante ou ftérile \ elle eft fû-rement très-imparfaite, car les noms & les verbes n’yont prefque aucune inflexion : elle a peu de noms quiaient plus d’un cas , & peu de verbes qui aient plusd’un tems. Nous ne trouvâmes pas beaucoup de diffi-culté à nous entendre mutuellement, en parlant quel-ques mots de la langue de ces Infulaires, ce qu’onaura peut-être de la peine à croire.
Ann. 1769.Juillet;