du Capitaine Cook. 48 /
Ils reçoivent toujours la liqueur exprimée dans depetits vafes faits de feuilles de plane. Je ne fais pas 11cette feuille a quelque qualité favorable à la couleur ,or. s’ils ont adopté cet ufage , parce qu’il eft facile defe procurer du plane & de diftribuer ces petits vafesparmi les ouvriers.
Ils ne teignent ordinairement leur étoffe légèreque dans les bords , & ils répandent des couleurs furtoute la furface de celle qui eft plus épaiffe ; ils neles appliquent que d’un côté , comme la peinture ,& quoique ]’aie vu de l’étoffe légère trempée entière-ment dans la liqueur, la couleur n’avoit pas le mêmebrillant & le même luftre , que lorfqu’elle y avoit étérnife de l’autre maniéré.
La feuille de VEtou eft généralement employée dansce procédé, & produit probablement la plus bellecouleur ; cependant ils compofent un rouge avec lejus de leurs figues mêlé dans une efpèce de Tourne—fortia , qu’ils appellent Taheinoo, le Pohuc, YEurhe ouConvolvulus brafilienfis, & une forte de Solanum qu’ilsnomment Ebooa. Le mélange de ces diverfes plantes,ou la différente dofe qu’ils en emploient, produit furleurs étoffes plufieurs nuances de couleurs, dont quel-ques-unes font fort fupérieures aux autres.
La beauté cependant de la meilleure n’eft pas per-manente; il eft probable qu’on pourroit trouver quel-que méthode pour la fixer , fi l’on faifoit des expé-riences fur cette matière ; & il leroit très-utile de re-chercher les qualités que donneroit le mélange d’une