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2 (1774)
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486
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Ann. 1769.Juillet.

486 Voyage

fubftance végétale avec une autre. La manière dont ona découvert nos plus belles couleurs fuffit pour encoura-ger cette entreprife ; à linfpe&ion de lindigo , du paftel,de lherbe du Teinturier &: de la plupart des plantes quonemploie dans nos teintures, on nimagineroit pas quel-les contiennent, les couleurs quon en tire. Je termi-nerai ce que je viens de dire du rouge des Orahitiens,en ajoutant que les femmes , qui ont fervi à le prépa-rer ou à lappliquer fur les étoffes , confervent avecfoin, comme un ornement, cette couleur fur leurs on-gles & leurs doigts, elle paroit dans fa plus grandebeauté.

Leur jaune eft compofé de lécorce de la racinedu Morinda citrifolïa , appellé Nono , quils ratifient &font infufer dans leau. Après quon ly a laiffé trem-per pendant quelque tems , leau fe colore & ils yplongent létoffe pour la teindre. On devroit examinerfi le Morinda , dont le Nono eft une efpèce, ne pour-roit pas fervir à la teinture. Brown, dans fon Hiftoirede la Jamaïque, fait mention de trois efpèces de Morinda qui font employées pour teindre en brun, &Rumphius dit que les Infulaires des Indes Orientalesfe fervent du Bancuda augufllfoUa , qui approchebeaucoup du Nono à'Otahiti , comme dune drogue quifixe les couleurs rouges, avec lefquelles elle a une af-finité particulière.

Les habitans d 'Otahiti teignent aufti eh jaune avecle fruit du Tamanu ; mais nous navons pas eu occafionde découvrir comment ils en tirent cette couleur. Ilsont encore une maniéré de teindre en brun & en noir ;