484 Voyage
qu’ils en ont tiré une quantité fuffifante , on yAnn. 17%. t r e m p e les feuilles de YEtou, & on les met enfuite furJuillet. une feuilje d e plane ; on les y retourne jufqu’à cequ’elles foient plus flafques , & quand elles font par-venues à ce point, on les ferre doucement, en augmen-tant la preftion par degrés, de maniéré à ne pas rom-pre les feuilles. A mefure qu’elles deviennent plus mol-les & plus fpongieufes , elles imbibent plus de li-queur ; dans l’efpace d’environ cinq minutes , la cou-leur commence à paroître fur les veines des feuilles,& dans dix minutes ou un peu plus, elles en font par-faitement faturées. Les Infulaires les preft’ent alorsaufti fortement qu’il leur eft poffible.
Les jeunes garçons préparent pour cela une grandequantité de Moo , en l’épluchant avec leurs dents ouentre deux petits bâtons, jufqu’à ce qu’il foit dépouilléde fon écorce verte & de la fubftance farineufe quieft aeflous , & qu’il n’y refte plus qu’un rézeau clairde fibres ; ils y enveloppent les feuilles de YEtou quidiftiîîent alors la liqueur qu’elles contiennent, à me-fure qu’on les preffe. Comme ces feuilles ont peu defuc par elles-mêmes, elles ne donnent guères que ce-lui dont elles étoient imbibées. Lorfque ce premier fuceft entièrement exprimé, ils imprègnent de nouveaules feuilles, & on continue la même opération jufqu’àce que la liqueur qui pafté à travers ne foit plus teinte;les feuilles de YEtou font jettées de côté , mais on con-ferve le Moo qui , étant profondément imbibé de lacouleur , fert de brofîe pour étendre la teinture furl’étoffe.