du Capitaine Cook. 483
qu’on ne s’en apperçoit pas. Les femmes s’occupentaufti à enlever les taches , comme nos dames à fairede la broderie ou des nœuds.
La fraîcheur & la douceur font les principales qua-lités de cette étoffe ; & fon défaut eft d’être fpongieufecomme le papier , & de fe déchirer prefque aufîi fa-cilement.
Ils teignent fur - tout cette étoffe en rouge & enjaune. Leur rouge eft très-beau, & j’oferai dire plusbrillant & plus fin qu’aucun de ceux que nous avonsen Europe. Notre véritable écarlate eft celui qui enapproche davantage ; & le Peintre d’Hiftoire naturelle ,qu’avoit amené M. Banks , ne put l’imiter imparfaite-ment qu’en mêlant enfembîe du vermillon & du carmin.Le jaune eft encore très-brillant, mais nous en avonsd’aufti beaux. Leur rouge eft compofé des fucs de deuxvégétaux mêlés enfembîe, & qui féparément pris n’ontaucune tendance à cette couleur ; l’un eft une efpècede figuier appellée, à Otahiti, Mattc , Ôc l’autre le Cor-dia fcbejiina , que les Infulaires nomment Etou ; ils em-ploient le fruit du figuier & les feuilles du Cordia.
Le fruit du figuier eft a peu près auffi gros qu’unpois de ronceaux , ou qu’une très-petite grofeille ; &lorfqu’on en rompt la tige , il fort une liqueur lai-teufe reffemblante au jus de nos figues , dont cefruit eft en effet une efpèce. Les femmes reçoiventcette liqueur dans une petite quantité d’eau decoco , & il faut trois ou quatre quartes de ces pe-tites figues pour en préparer ainfi une roquille. Dès
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