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Voyage
ii wmi
Ann. 1769.
Juillet.
convenable , les Otahitiens les arrachent, les dépouil-lent de leurs branches , & en coupent enfuite les racines6c les Commets. L’écorce de ces arbrifî’eaux, étant fenduelongitudinalement, Ce détache avec facilité, 6c lorfqu’ilsen ont amafie une allez grande quantité, ils la portentà quelque ruifléau , & l’y lailTent tremper , après l’a-voir chargée de pierres pefantes , pour qu’elle ne Coïtpoint entraînée par le courant : quand ils jugent qu’elleeft fuffifamment macérée, les Cervantes vont au ruif-feau , Ce mettent toutes nues , s’alTeoient dans l’eaupour Céparer l’écorce intérieure de la verte, qui Certd’enveloppe à l’arbre ; elles placent pour cela le morceaude bois Cur une planche polie 6c applatie , & elles le ra-tifient très-Coigneulèment avec la coquille que nosmarchands appellent Langue de tigre , Tcllina gargadïa ,de elles le plongent continuellement dans l’eau , jufqu’àce qu’il ne refte rien que les plus belles fibres de l’écor-ce intérieure. L’écorce ainfi préparée, dans l’après-midi , eft étendue le Coir fur des feuilles de plane. Tlparoît qu’il y a quelque difficulté dans cette partie del’ouvrage, puiCque la maîtreflè de la famille eft tou-jours chargée de furveiller à cette opération : ils placentles écorces l’une à côté de l’autre , jufqu’à la longueurd’onze ou douze verges, & à la largeur d’environ unpied ; ils en mettent deux ou trois couches l’une furl’autre : ils ont grand Coin que l’étoffe foie par-toutd’une égale épaifl’eur , 6c s’il arrive que l’écorce ainfi cou-chée Coit plus mince dans un endroit que dans un autre,on en prend un morceau un peu plus épais pour leplacer dans le vuide. L’écorce refte dans cet état juf-qu’au lendemain au matin ; alors la plus grande partie de
l’eau