du Capitaine Cooic. 479
aux principaux perfonnages de l’Ifle, & la couleur rouge ■ --^ ILa !eft celle qu’elle prend le mieux ; la fécondé étoffe, fabri- Ann ; I7< ^quéeavec l’écorce du fruit à pain , nommée Ooroo , eftinférieure à la première en blancheur & en douceur,
& ce font fur-tout les Gtahitiens de la dernière claffequi en font ufage ; la troifième forte , manufacturéeavec l’écorce du figuier , eft groffière & rude, & de lacouleur du papier gris le plus foncé : quoiqu’elle foiemoins agréable à l’œil & au toucher que les deux au-tres , c’elt pourtant la plus utile , parce qu’elle réfifteàl’eau , avantage que n’ont pas les deux premières. Laplus grande partie de cette troifième étoffe , qui eft laplus rare , elt parfumée , & les chefs d’Qtahiti la por-tent pour les habits de deuil.
Ils ont grand foin de multiplier tous les arbres quifourniffent la matière première de ces étoffes ; ils donnentfur-tout une attention particulière au mûrier , qui cou-vre la plus grande partie des terres cultivées. Ils ne s’enfervent que lorfqu’il a deux ou trois ans, & qu’il elt defix ou huit pieds de haut , & un peu plus gros que lepouce. Les Gtahitiens croient que la meilleure qualitéqu’il puiffe avoir eft d’être mince , droit, élevé &fans branches : lorfque la tige porte quelques feuillesbaffes / dont le germe pourroit produire une branche ,ils les arrachent foigneufement.
Quoique les étoffes compofées de l’écorce de cestrois arbres foient différentes , elles font cependant fa-briquées de la même manière. Je me contenterai doncde décrire les procédés qu’ils emploient pour manufactu-rer la plus fine : lorfque les arbres font d’une grandeur