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470 Voyage
Dans leurs familles, deux freres & même deuxAnn. 1769. fœurs, ont chacun leur panier féparé , ainfi que.lesJuillet. p rov ifions & l’appareil de leurs repas ; lorfqu’ils vin-rent nous rendre vifite pour la première fois dans nostentes ils apportoient tous un panier où étoient leursaliments ; & quand nous nous alfeyions à table ilsfor-toient , fe plaçoient à terre à deux ou trois verges dediftance les uns des autres ; & en fe tournant le dos,chacun prenoit fon repas de fon côté , fans proférer unleul mot.
Les femmes ne s’abftiennent pas feulement de man-ger avec les hommes & de prendre les mêmes aliments ,leur nourriture eft encore apprêtée en particulier par desgarçons qu’on entretient pour cela , & qui après avoirpréparé les provifions vont les dépofer dans un hangarféparé , & afiiftent à leurs repas.
Quoique les Otahitiens ne mangeafient pas enfemble& ne voulufî'ent pas s’afieoir à notre table , Iorfquenous allions voir dans leurs maifons ceux que nousconnoiffions particuliérement , ils nous ont fouventengagés à dîner avec eux , & dans ces occafionsnous avons plufieurs fois mangé au même panier &bû au même vafe. Les vieilles femmes cependant pa-rurent toujours offenfées de cette liberté ; & s’il nousarrivoit de toucher à leurs provifions, & même aupanier qui les contenoit, fur le champ elles jettoientle tout fort loin.
Les Otahitiens d’un moyen âge & d’un rang diflin-