Druckschrift 
2 (1774)
Entstehung
Seite
468
Einzelbild herunterladen
 

.Ann. 1769,Juillet.

46.8 Voyage

on le met alors dans un vafe affez reffemblant à unbaquet de boucher : on y mêle quelquefois de la ba-nane ou du mahie, fuivant le goût du maître, en y ver-fant de leau de tems en tems & en lexprimant enfuiteavec la main. Le fruit à pain ainfi préparé , reffembleaffez à un flan épais; on en remplit une grande noixde coco quon met devant lui, il lhume, comme nousfucerions une gelée, fi nous 11avions point de cuillèrepour la porter h la bouche. Le repas finit alors, & lemaître fe lave encore les mains & la bouche. On re-place enfuite dans le panier ce quil a laiffé, & on net-toie les noix de cocos.

Ces peuples prennent une quantité prodigieufe dali-mens dans un feul repas : jai vu un homme mangerdeux ou trois poiffons aufli grands quune perche, troisfruits à pain , dont chacun étoit plus gros que les deuxpoings ; quatorze ou quinze fruits du plane ou bana-nes , qui avoient fix ou fept pouces de long & qua-tre ou cinq de circonférence , & près dune quartede fruit à pain pilé , qui eft auffi fubftantiel que Jeflanc le plus épais. Ce fait eft fi extraordinaire quàpeine voudra-t-on le croire ; & je ne laurois pas rap-porté fi je nen avois dautres garants que moi-même ; mais MM. Banks & Solander , & plufieurs denos Officiers, en ont été témoins oculaires, « 5 c ils fa-vent que jinterpelle leur témoignage dans cette occa-fion.

Il eft très - furprenant que ce peuple qui aime paf-fionnementla fociété ôc fur-tout celle des femmes, seninterdife les plaifirs dans les repas, quoique ce foit fur-