du Capitaine Cooic. 467
mène, il hume un peu d’eau falée, qu’il puife dans unecoque de noix de coco ou dans le creux de fa main.Sur ces entrefaites un des gens de fa fuite prépareune noix de coco verte , en détachant l’écorce exté-rieure avec fes dents , opération qui paroît très-fur-prenante à un Européen ; mais elle ed fi peu difficileque pîufienrs de nous en vinrent à bout avant notredépart de l’Ifle, quoique auparavant ils pu lient à peinecafler une noifette. Lorfque le Maître veut boire, ilprend la noix de coco ainfi préparée, &, en y faifancun trou avec fon doigt ou avec une pierre , il fuce laliqueur qu’elle contient. Dès qu’il a mangé fon fruità pain & fes poiffions, il paffe aux fruits du plane dontil ne fait de chacun qu’une bouchée , quoiqu’il foitauffi gros qu’un pudding noir. S’il a des pommes aulieu de fruits du plane, il ne les goûte jamais à moinsqu’elles ne (oient pelées; pour cela un de fes domef-tiques ramafle à terre une des coquilles qui y font tou-jours en. quantité , & la lui porte ; il commence àcouper ou racler la pelure , mais fi mal - adroitementqu’il emporte une grande partie du fruit. Si, au lieu depoifîon, fon repas eft compofé de viande, il doit avoirpour la couper quelque infiniment qui lui tienne lieude couteau; dans ce cas, on lui préfente un morceaude bambou qu’il partage tranfverlalement avec fes on-gles , & il découpe fa viande avec ces morceaux debois. Pendant tout cet intervalle quelques perfonnesde fa fuite font occupées à piler du fruit à pain avecun caillou fur un tronçon de bois. Lorfque le fruit hpain eft pilé de cette maniéré de arrofé d’eau de temsen tems, il fe réduit a la confidence d’une pâce molle ;
N n n ij
Ann. 1769.Juillet.