du Capitaine Cook. 4 65
ment toute leur boiflon. Ils ignorent heureufementl’art de faire, par la fermentation, des liqueurs eny-vrantes ; ils ne mâchent aucun narcotique, comme leshabitans de quelqu’autres pays font de l’opium , dubétel ou du tabac. Quelques-uns des Infulaires burentlibrement de nos liqueurs fortes & s’enyvrèrent detems en tems ; mais ceux qui tombèrent dans l’yvrefleéoient fi peu difpofés à réitérer la même débauche ,que par la fuite ils ne voulurent jamais avaler unegoutte de la boiflon qui les avoit mis dans cet état.Nous avons cependant appris qu’ils s’enyvrent quel-quefois en buvant un jus exprimé des feuilles d’uneplante qu’ils appellent Ava, ava. Cette plante n’étoitpas dans fa maturité lorfque nous étions à Otahitï,de manière que nous n’avons vu aucun exemple deces effets ; & puifqu’ils regardent l’yvrognerie commeune chofe honteufe , ils nous auroient probablementcaché toutes les circonftances où ils s’y feroient li-vrés pendant notre féjour. Ce vice eft prefque parti-culier aux chefs & aux perfonnes d’un rang diftingué,qui fe difputent à qui boira le plus grand nombrede coups, & chaque coup efl: d’environ une pinte. Ilsont grand foin que les femmes 11e goûtent point de cejus enyvrant.
Ils n’ont point de tables, mais leurs repas fe font avecbeaucoup de propreté; leurs mêts font trop Amples &en trop petit nombre, pour qu’il y règne de l’often-tation : ils mangent ordinairement feuls ; cependantJorfqu’un étranger leur rend viflte, ils l’admettent quel-quefois a manger avec eux. Je vais donner une def-Tome. IL Nnn
Ann. 17(39.Juillet.