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2 (1774)
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du Capitaine Cook. 4 65

ment toute leur boiflon. Ils ignorent heureufementlart de faire, par la fermentation, des liqueurs eny-vrantes ; ils ne mâchent aucun narcotique, comme leshabitans de quelquautres pays font de lopium , dubétel ou du tabac. Quelques-uns des Infulaires burentlibrement de nos liqueurs fortes & senyvrèrent detems en tems ; mais ceux qui tombèrent dans lyvrefleéoient fi peu difpofés à réitérer la même débauche ,que par la fuite ils ne voulurent jamais avaler unegoutte de la boiflon qui les avoit mis dans cet état.Nous avons cependant appris quils senyvrent quel-quefois en buvant un jus exprimé des feuilles duneplante quils appellent Ava, ava. Cette plante nétoitpas dans fa maturité lorfque nous étions à Otahitï,de manière que nous navons vu aucun exemple deces effets ; & puifquils regardent lyvrognerie commeune chofe honteufe , ils nous auroient probablementcaché toutes les circonftances ils sy feroient li-vrés pendant notre féjour. Ce vice eft prefque parti-culier aux chefs & aux perfonnes dun rang diftingué,qui fe difputent à qui boira le plus grand nombrede coups, & chaque coup efl: denviron une pinte. Ilsont grand foin que les femmes 11e goûtent point de cejus enyvrant.

Ils nont point de tables, mais leurs repas fe font avecbeaucoup de propreté; leurs mêts font trop Amples &en trop petit nombre, pour quil y règne de loften-tation : ils mangent ordinairement feuls ; cependantJorfquun étranger leur rend viflte, ils ladmettent quel-quefois a manger avec eux. Je vais donner une def-Tome. IL Nnn

Ann. 17(39.Juillet.