du Capitaine Cook. 463
Ecment avec des feuilles : dans cet état il fubit unefermentation & devient d’une douceur défagréable : ^nn. 1769.
.. A , . r ■ \ n Juillet.
ils en otent tout le trognon St jettent enluite le relie
dans un trou qui eft creufé pour cet efFet , ordinaire-ment dans les habitations: ce creux eli garni propre-ment d’herbe au fond St dans les côtés, ils couvrentle tout de feuilles & de groffes pierres ; il éprouvealors une fécondé fermentation, j>rend un goût aigre-let , & fe conferve enfuite pendant plufieurs mois. Ilsle tirent du trou k mefure qu’ils en ont befoin ; St aprèsl’avoir mis en boule , & l’avoir enveloppé de feuil-les, ils le font cuire dans leur efpèce de four ; il fegarde cinq ou fix femaines ainfi apprêté. Les natu-rels du pays le mangent froid & chaud, & c’eft com-munément un des mêts de tous leurs repas ; il étoicpour nous d’un goût aufîi défagréable qu’une olivefraîche, lorfqu’on en mange pour la première fois.
L e mahie fe fait comme la biere par fermenta-tion , & quelquefois , ainfi que dans nos brafferies ,l’opération manque fans qu’on puifTe en déterminerla caufe ; il eft donc très-naturel que ce peuple grof-fier joigne des idées & des cérémonies fuperftitieufesà ce travail. Les vieilles femmes en font chargées leplus fouvent ; excepté ceux qui les aident , elles nefouffrent pas que perfonne touche rien de ce qu’ellesemploient, & même elles ne permettent point d’entrerdans cette partie de la maifon où elles apprêtent cefruit. Il arriva un jour que M. Banks toucha parinadvertance une des feuilles qui étoit fur la pâte. Lavieille femme qui préfidoit k ces myftères lui dit que