àfii Voyage
pj anes & beaucoup d’autres fruits fuppléent à ceAnn. 1769. défaut.
Juillet.
On imagine bien que la cuifine chez ce peuple n’eftpas un art bien perfectionné. Ils n’ont que deux ma-nières de faire cuire leurs aliments ; l’une de les griller6c l’autre de les cuire au four. L’opération de grillerquelque chofe eft fi fimple, qu’il n’eft pas befoin de ladétailler ici. Nous avons déjà parlé de leur manièrede cuire au four ( a ) dans la defcription du repasque nous prépara Tupia. Ils apprêtent ainfi fortbien les cochons 6c les gros poiffons, 6c fuivant nousils font plus fucculents 6c plus également cuits , quedans nos meilleures cuifines d’Europe. Ils cuifent auflidu fruit à pain dans un four pareil à celui que nousavons décrit ; il s’adoucit alors 6c devient allez fem-blable à une pomme de terre parbouillie , fans êtrepourtant aufli farineux qu’une pomme de terre de lameilleure efpèce. Ils apprêtent le fruit à pain de troismanières, ils y mettent quelquefois de l’eau ou du laitde noix de cocos, 6c le réduifent en pâte avec un cail-lou; d’autre fois ils le mêlent avec des fruits du planemurs, ou des bananes , ou ils en font une pâte aigre-lette qu’ils appellent Mahie.
Le mahie fupplée au fruit à pain, lorfque la faifonne leur permet pas d’en avoir du frais, voici commentils le font.
Ies cueillent le fruit avant qu’il foit parfaitementmûr, 6c après l’avoir mis en tas, ils le couvrent exac-
(a) Voyez- la page 405-,