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.Ann. 1769.Juillet.
Nourriture.
j:.6o Voyage
une feule famille, mais pour fervir d’aflemblée ou deretraite à tous les habitans d’un canton: quelques-unesde celles-ci ont deux cents pieds de long , trente delarge & vingt d’élévation jufqu’au faîte ; elles fontconfiantes & entretenues aux frais communs du dif-triét pour lequel elles font deftinées , & elles ont à un descôtés une vafte place environnée de petites paliflàdes.
Ces maifons ainfi que celles des familles particu-lières n’ont point de murailles ; ce peuple n’a pas be-foin de lieu retiré ; il n’a aucune idée de l’indécence ,& il fatisfait en public fes defirs & les pallions, avecaufli peu de fcrupule que nous appaifons notre faim, enmangeant avec nos parens & nos amis. .Des hommesqui n’ont point d’idée de la pudeur par rapport auxaétions, ne peuvent pas en avoir relativement aux pa-roles ; il n’eft pas befoin de remarquer que la conver-fation de ces Infulaires roule principalement fur cequi eft la fource de leurs plus grands plaifirs, ôc queles deux fexes y parlent de tout fans retenue & dansles termes les plus fimples.
Les végétaux forment la plus grande partie de leurnourriture. Nous avons déjà dit , qu’excepté les co-chons , les chiens & la volaille, ils n’ont point d’ani-maux apprivoifés ; & ceux-là mêmes n’y font pas engrande quantité. Lorfqu’un chef tue un cochon, il lepartage prefque également entre fes fujets ; & commeils font très-nombreux , la portion qui revient à cha-que individu dans ces feftins qui n’arrivent pas fou-vent eft néceflairement très-petite. Les Otahitiens ducommun fe régalent plus fréquemment avec des chiens