Ann. T769.Juillet.
454 Voyage
dont ils font plus fiers que de toutes les antres figuresqu’ils portent fur leur corps, & dont l’opération eftla plus douloureufe.
Ir. eft étrange que ce peuple foit fi jaloux d'a-voir des marques qui ne (ont pas des figr.es de diftinc-tion ; je n’ai vu aucun Otahitien , homme ou femmequi , dans un âge mûr , n’eût le corps ainfi peint.Peut-être cet ufage a t-il fa fource dans la fupcrftition.Cette conjeéfure eft d’autant plus probable , qu il neproduit aucune avantage vifible , & que l’on éprouvede grandes douleurs pour s’y conformer. Quoique nousen ayions demandé la raifon à plufieurs certainesd’indiens, nous n’avons jamais pu nous procurer au-cune lumière fur ce point.
Leur habillement eft compofé d’étoffe & de nattede différentes efpèces , que nous décrirons en parlantde leurs manufaétures. Ils portent dans les tems ftcsun habit d’étoffe qui ne refiüe pas à l’eau ; & dans lestems de plui-e, ils en prennent un fait de natte. Ils arran-gent leur vêtement de diverfes maniérés, fuivant leurscaprices ; car il n’eft point taillé en forme régulière, & iln’y a jamais deux morceaux coufus enfemble. L’ha-billement des femmes les plus diftinguées eft compoféde trois ou quatre pièces, l’une d’environ deux vergesde largeur & onze de long qu'elles enveloppenr piu-fieurs fois autour des reins , de manière qu’elle penden forme de jupon jufqu'au milieu de la jambe \ onl’appelle Parou. Les deux ou trois autres pièces d’en-viron deux verges & demie de long & d'une de larpe-,pnt chacune un trou dans le milieu ; elles les mettent
\
1