Voyage
(■nuuwiunaBMaaHB
Ann. 1769.Juillet.
44 1
de peine aux Indiens, qu’à nous-mêmes \ ces difpu-tes étoient toujours une fuite de la fituation & descirconflances où nous nous trouvions , des foibleflcs dela nature humaine, de l’impoflibilité de nous entendremutuellement , & enfin , du penchant des Otahitiensau vol , que nous ne pouvions ni tolérer ni prévenir.Excepté dans un feul cas , ces brouilleries n’entraînè-rent pourtant point de conféquences fatales , & c'eftà cet accident, que font dues les mefures que j’em-ployai, pouren prévenir d’autres pareilles qui pouvoientarriver dans la fuite. J’efpérois profiter de l’impreflionqu’auroit faite fur les Indiens la mort de ceux quiavoient péri dans leurs démêlés avec le Dauphin , ôcje comptois pouvoir féjourner dans Flfle, fans y ré-pandre du fang. J’ai dirigé fur cela toutes mesdémarches pendant le tems que j’y ai demeuré , & jedefire fincèrement que les navigateurs qui y aborderontà l’avenir, foient encore plus heureux. Notre trafic s’yfit avec autant d’ordre , que dans les marchés les mieuxréglés de l’Europe. Tous les échanges furent conduitsfur-tout par M. Banks, qui étoit infatigable , pour nousprocurer des provifions & des rafraîchiffemens, lorf-qu’on pouvoir en avoir ; mais fur la fin de notre fé-jour , les denrées devinrent rares, par la trop grandeconfommation que nous en faifions au Fort & au vaif-feau, & par l'approche de la faifon où les noix decocos & les fruits à pain commencent à manquer.Nous achetions tous ces fruits pour des quincailleries& des clous ; nous ne cédions point de clous , qu’onne nous donnât en échange quelque chofe qui valûtquarante pences , ( un peu moins de 4 liv. de France ) ;