du Capitaine Cook. 441
derniers adieux. Nous trouvâmes auffi Tupia à Eparre ,nous le ramenâmes avec nous au vaiffeau , & il paffala nuit à bord pour la première fois. v
Le lendemain 13 Juillet, le vaiffeau fut rempli desOtahitiens nos amis dès la pointe du jour , & il futenvironné d’un grand nombre de pirogues qui portoientd’autres Indiens d’une claffe inférieure. Nous levâmesl’ancre entre 11 heures & midi, & dès que le vaiffeaufut fous voiles , les naturels du pays prirent congé denous, & verfèrent des larmes, pénétrés d’une trifleffemodefte & filentieufe qui avoit quelque chofe de très-tendre & de très-intéreffant. Les Indiens qui étoientdans les pirogues , fembloient au contraire fe difputerà qui poulferoit les plus grands cris ; mais il yentroit plus d’affeélation que de véritable douleur.Tupia foutint cette fcène avec une fermeté & unetranquillité vraiment admirables > il eft vrai qu’ilpleura, mais les efforts qu’il fit pour cacher fes lar-mes , faifoient encore plus d’honneur à fon ca-raèlère. Il envoya par Othéothéa une chermfe pourdernier préfent k P otomai , maîtreffe favorite de Toota-hah , il alla enfuiie fur la grande hune avec M. Banks,& il fit des lignes aux pirogues tant qu’il continua àles voir.
C’est ainfi que nous quittâmes ITfle d ’Otahiti &fes habitans , après un féjour de trois mois ; nous vé-cûmes pendant la plus grande partie de ce tems, dansl’amitié la plus cordiale , & nous nous rendîmes réci-proquement toute forte de bons offices : les petits dif-férents qui furvinrent par intervalles, ne firent pas plusTome IL K.kk
Ann. 1769.Juillet.