V
du Capitaine Cook. 439
ne méritions guères, ils nous prefsèrent beaucoup d’accep-ter quatre cochons, nous refufâmes abfolument de lesrecevoir en préfent, & comme ils perfiflèrent égale-ment a ne pas recevoir quelque chofe en échange , nouslaiflâmes leurs cochons. En interrogeant les déferteurs,nous trouvâmes que le rapport des Indiens étoient vrai ;ils étoient devenus fort amoureux de deux filles, &ils avoient formé le projet de fe cacher jufqu’à ce quele vaiffeau eût mis à la voile, & de fixer leur réfidenceà Otahiti. Comme nous avions tranfporré de terre toutce qui étoit au fort, chacun palfa la nuit à bord du vaif-feau.
T u p 1 a dont on a parlé fi fouvent dans cette par-tie de notre voyage, étoit au nombre des naturels dupays, qui vivoit prefque toujours avec nous. Nousavons déjà obfervé qu’il avoit été premier Miniflre d’O-béréa , lorfqu’elle jouiffoit de l’autorité Souveraine ;il étoit d’ailleurs le principal Tahowa ou Prêtre del’Ifle, & parconféquent, il étoit bien inftruit des prin-cipes & des cérémonies de la religion de fon Ifle. Ilavoit aufli beaucoup d’expérience & de lumières furla navigation , & il connoiffoit particuliérement le nom-bre & la fituation des Ifles voifines. Tupia nous avoittémoigné plufieurs fois le défit* de s’embarquer avecnous; il nous avoit quitté le n avec fes autres com-patriotes ; mais le lendemain il revint à bord, accom-pagné d’un jeune homme d’environ treize ans , qui luifervoit.de domeftique , & il nous preffa de lui per-mettre de faire voyage fur notre vaiflêau. Plufieursraifons nous engageoient à y confentir ; en apprenant
Ann. 1769,Juillet.