Ann 1769,Juillet.
438 Voyage
• troublé dans fes recherches ; qu’en s’en revenant auvailTeau pour y prendre des ordres ultérieurs, ils avoientété faifis tout-à-coup par des hommes armés, qui ap-prenant la détention de Tootahah , s’étoient cachés dansun bois pour exécuter ce projet ; qu’enfin , ils avoientété attaqués dans un moment défavorable , que lesOtahitiens leur avoient arraché les armes des mains, ^
en déclarant qu’ils feroient détenus en prilon , jufqu àce que leur chef fût mis en liberté. Il ajouta pourtant,que le fentiment des Indiens n’avoit pas été unanimefur cette violence , que quelques-uns vouloient qu’onles relâchât, & d’autres, qu’on les retînt; que la diffpute s’étant échauffée, ils en étoient venus des parolesaux coups, & qu’enfin, le parti qui opinoit pour ladétention avoit prévalu. Il dit encore , que Webb &
Gibfon furent bientôt après ramenés par un détache-ment des naturels du pays, & qu’on les conftitua pri-fonniers , pour fervir de nouveaux otages à la perfonnede leur chef ; qu’après quelque débat, ils fe décidèrentà renvoyer Webb , pour m’informer de leur réfolution ,m’affurer que fes compagnons étoient fains & faufs ,
& m’indiquer un endroit où je pourois faire parvenirma réponfe. On voit par là, que quelque fâcheufe quefût pour nous la détention des Chefs , je n’aurois ja-mais recouvré mes gens fans cette précaution. Quandles Chefs renvoyés du vaiflèau débarquèrent à terre,on rendit la liberté aux prifonniers du Fort, & aprèss’être arrêtés environ une heure avec M. Banks , ilss’en allèrent tous. A cette occafion , ainfi qu’ils avoientdéjà fait dans une autre femblable, ils nous donnèrentdes marques de leur joie, par une libéralité que nous