Ann. 17^9.Juillet.
436 Voyage
partirent avec leurs conducteurs. Il étoit très-impor-tant pour nous de recouvrer ces deux déferteurs , jen’avois point de tems à perdre ; d’ailleurs les Otahi-tiens nous donnoient des doutes fur leur retour , ennous difant qu’ils avoient pris chacun une femme &qu’ils étoient devenus habitans du pays. Je fis lignifierà plufieurs des Chefs, qui étoient au Fort avec leursfemmes, & entr’autres à Tubouraï Tamaïdé, Tomio& Obéréa, que nous ne leur permettrions pas de s’enaller, tant que les déferteurs ne feroient pas revenus*Cette précaution étoit d’autant plus néceffaire, que files Indiens avoient caché nos deux hommes pendantquelques jours , j’aurois été forcé de partir fans lesremmener. Je fus charmé de voir que cet ordre neleur infpira ni crainte, ni mécontentent; ils me pro-tégèrent que mes gens feroient mis en fûreté & ren-voyés le plutôt poffible. Tandis que ceci fe paffoit auFort , j’envoyai M. Hicks dans la pinaffe , pour con-duire Tootahah à bord du vaiffeau , & il exécuta facommilhon , fans que le Chef ni fes fujets en fuffentallarmés. Si les Indiens qui fervoient de guides étoientfidèles à leur parole & vouloient faire diligence , j’a-vois lieu d’attendre qu’ils rameneroient les déferteursavant le foir. Mes craintes augmentèrent en voyantmon efpoir trompé, & a l’approche de la nuit, jepenfai qu’il n’étoit pas fur de biffer au Fort les Ota-hitiens que je détenois pour otages , & en confé-quence je fis mener au vaiffeau Tubouraï Tamaïdé ,Obéréa & quelques autres Chefs. Cette démarcherépandit une conlternauon générale, & lorfqu’on em-barqua les Indiens dans le bateau, plufieurs d’en-