du Capitaine Cook. 43j
dre aucune connoiflance ultérieure de l’affaire, je visfans regret que les délinquants s’étoient échappés ;mais je fus bientôt après enveloppé malgré moi dansune querelle qu’il n’étoit pas poffible d’éviter.
Clement Webb, & Samuel Gibfon , deux jeunesfoldats de marine, déferrèrent le Fort au milieu de lanuit du 8 au 9, & nous nous en apperçûmes le ma-tin. Comme on avoit publié que chacun devoit venirà bord le lendemain , de que le vaiffeau mettroit à lavoile ce jour ou le jour fuivant, je commençai k crain-dre que les abfents n’euffent deflein de relier dansrifle. Je voyois qu’il n’étoit pas poffible de prendredes mefures efficaces pour les retrouver, fans troublerl’harmonie & la bonne intelligence qui regnoit entreles Otahitiens & nous, & je réfolus d’attendre patiem-ment leur retour pendant une journée.
Le 10, au matin, voyant à mon grand regret queles deux foldats de marine n’étoient pas de retour ,on en demanda des nouvelles aux Indiens, qui nousavouèrent franchement qu’ils avoient deffein de ne pasretourner k bord , & qu’ils s’étoient réfugiés dans lesmontagnes, où il étoit impoflïble k nos gens de lestrouver. Nous les priâmes de nous aider dans nosperquilitions, & après avoir délibéré pendant quelquetems , deux d’entr’eux s’offrirent a fervir de guides kceux de nos gens que je jugerois k propos d’envoyeraprès les déferteurs. Nous favions qu’ils étoient fansarmes ; je crus que deux hommes feroient fuffifantspour les ramener; je chargeai de cette commiflion unbas Officier & le Caporal des foldats de marine qui
lii ij
Ann. 1769.Juillet.