Ann. 1769.
Juillet.
434 Voyage
leur, défefpérant du fuccès, abandonna fon entre-prise.
Les charpentiers pafsèrent le 7, h abattre les por-tes & les paliflades de notre petite forterefle, & ellesnous Servirent en mer de bois h brûler. Un des In-diens fut allez adroit pour dérober la penture & legond Sur lequel tournoit la porte. Nous pourSuivîmesà l’inftant le voleur , & nos gens, après une courfede fix milles, s’apperçurent qu’il s’étoit caché parmides joncs, Sc qu’ils l’avoient dépafl'é. On vilita lesjoncs ; le filou s’étoit échappé, mais on y trouva unrateau qui avoit été volé au vaifTeau quelque temsauparavant; & bientôt après Tubouraï Tamaïdé no-tre ami, rapporta la penture.
Nous continuâmes le 8 & le 9 à démanteler notreFort; les Otahiciens qui étoient nos amis, s’y rendi-rent en foule, quelques-uns, je penfe , fâchés de voirapprocher notre départ, & les autres voulant tirer denous tout ce qu’ils pourroient pendant notre Séjour.
Nous eSpérions quitter l’Ifle Sans faire ou rece-voir aucune autre oftènfe, mais par malheur il enarriva autrement. Deux matelots étrangers étant Sor-tis du Fort avec ma permiflion, on vola le couteau del’un d’eux. Pour tâcher de le recouvrer, il employaprobablement des moyens violents. Les Indiens l’at-taquèrent & le blefsèrent dangereuSement d’un coupde pierre. Après avoir fait une autre blellurc lé-gère à la tête de Son compagnon , ils s’enfuirent dansles montagnes. Comme j’aurois été mortifié de pren-