du Capitaine Cook. 431
bocage de planes fauvages ou de vaé, efpèce d’arbrequ’il avoit déjà vu fouvent.
Pendant cette excurfion, il eut une occafion.favorable d’examiner s’il y avoit des mines dans lesrochers qui étoient prefque par-tout à nud , mais iln’en découvrit pas la moindre apparence. Il nous pa-rut évident que ces rochers , ainfx que ceux de Ma-dère , avoient été brûlés ; ôc de toutes les pierres quiont été recueillies à Otahiti , il n’y en a pas une feulequi ne porte des marques inconteftables de feu, àl’exception, peut-être, de quelques morceaux d’uncaillou dont ils forment des haches, ôc même parmiceux-ci, nous en trouvâmes qui étoient brûlés jufquaêtre prefque réduits en pierre-ponce. On apperçoitauffi les traces du feu dans l’argile qui eft fur lescollines , & l’on peut fuppofer avec raifon qu ’Ota-hiti ôc les Ifles voifines , font ou les débris d’un Con-tinent, que quelques Naturaliftes'ont cru néceffairedans cette portion du globe, pour y conferver l’équi-libre de fes parties , après qu’il eut été englouti fousla mer, par i’explolion d’un feu fouterrein. D’autrescroyent que ces Mes ont été détachées des rochers ,qui, depuis la création du monde, avoient fervi delit à la mer, & élevés par une explofion femblable,à une hauteur que les eaux ne peuvent jamais attein-dre. L’une ôc l’autre de ces fuppofitions paroiffentd’autant plus probables , que la profondeur de l’eaune diminue point par degré, à mefure qu’on approchede la côte, ôc que les Mes font prefque par-toutenvironnées de récifs brifés ôc informes, ôc dans l’état
Ann. 1769.Juillet.