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Voyage
volé nos habits , la derniere fois que nous y avionsAnn. 1769. couché. Cette aventure parut oubliée de notre côté &JlRI? ' du lien. Les Indiens nous reçurent avec beaucoup deplaifir , il nous donnèrent un bon fouper & un logisoù nous ne perdîmes rien , & où perfonne ne nousinquiéta.
L e premier Juillet, nous retournâmes au Fort a Ma-îavai , après avoir fait le tour de l’Ifle, que nous trou-vâmes d’environ trente lieues , en y comprenant lesdeux péninfules. Nous nous plaignîmes alors de man-quer de fruit-à-pain, mais les Indiens nous aflurèrentque la récolte de la derniere faifon étoit prefque épui-fée, & que les fruits que nous avions vu fur les arbresne feroient pas mangeables avant trois mois ; ce quinous fit concevoir pourquoi nous en avions trouvé fipeu dans notre voyage.
Pendant que le fruit-à-pain mûrit dans les plei-nes , les Otahitiens tirent quelques fecours des arbresqu’ils ont plantés fur les collines, afin d’avoir des ali-ments dans tous les tems ; mais la quantité n’en eft>pas fuffifante pour prévenir la difette. Ils fe nourrif-fent alors de la pâte aigrelette qu’ils appellent Mahie,de fruits du plane fauvage & de noix d’ahée , quifont en maturité ; à moins que les fruits - à-pain nemûriffent quelquesfois plutôt , je ne puis pas expliquerpourquoi le Dauphin , qui étoit dans l’Ifle à la mêmefaifon que nous , y en trouva une fi grande abon-dance fur les abres.
Les Indiens nos amis fe rafTembloient en foule
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