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du Capitaine Cook. 41 y
fi étrange , & l’on nous dit que dans le dernier moisde Owarahew } qui répond au mois de Décembre 1768 ,quatre ou cinq mois avant notre arrivée; le^peuple de'Tiarrabou, péninfule S. E. d 'Otahiti , avoit fait unedefcente dans cet endroit , & tué un grand nombred’habitans, dont nous voyions les os fur le rivage; quedans cette occafion Obéréa 6 c Oamo , qui adminif-troit alors le gouvernement de l’Ifle pour fon fils ,s’étoient enfuis dans les montagnes ; que les vainqueursavoient brûlé toutes les maifons qui étoient très-gran-des, 6 c emmené les cochons & les autres animaux qu’ilsavoient pu trouver. Nous apprîmes aufïi que le dindon6 c l’oie que nous avions vus chez Mathiabo, le voleurde manteaux , étoient au nombre des dépouilles ; cettehiftoire expliqua pourquoi nous les avions trouvéschez un peuple avec qui le Dauphin n’avoit point ende communication , ou du moins fort peu. Lorfquénous dîmes que nous avions vu à Tiarrabou des mâ-choires d’hommes fufpendues à une planche dans unelongue maifon, on nous répondit que les conquérantsles avoient emportées comme des trophées de leur vic-toire. Les Otahitiens fonc parade des mâchoires deleurs ennemis , ainfi que les naturels de l’AmériqueSeptentrionale portent en triomphe les chevelures deshommes qu’ils ont tués.
Dès que nous eûmes fatisfait notre curiofité, nousretournâmes à notre quartier , 6 c nous y pafsames lanuit tranquillement 6 c dans une parfaite fçcurité. Lelendemain au foir, 20, nous arrivâmes k.Atahourou ,lieu de réfidence de Tootahah notre ami, où l’on avoitTome. IL Hhh
Ann. 1769.Juin.