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Voyage
nous proposons d’y coucher.'Lorfque nous aliâmes à7< ^‘ terre , une heure avant la nuit, ils étoient abfents ; ilsavoient quitté leur habitation, pour aller nous rendrevifitê au fort. Nous ne changeâmes pas pour cela deprojet; nous choifimes pour logis la maifon d’Obéréaqui, quoique petite , étoit très-propre : il n’y avoitd’autre habitant que fon pere, qui nous reçut de ma-niéré à nous faire penfer que nous étions les bienvenus. Nous voulûmes profiter du peu" de jour quireftoit ; nous allâmes à une pointe de terre , fur la-quelle nous avions vu de loin, des arbres qu’ils appel-lent Etoa, & qui diüinguent ordinairement les lieuxoù ils enterrent les os de leurs morts ; ils donnent lenom de Moral à ces cimetières , qui font aufîi deslieux où ils vont rendre un culte religieux. Nous fû-mes bientôt frappés de la vue d’un énorme bâtimentqu’on nous dit être le Moral d’Oamo &: d’Obéréa, < 5 cle principal morceau d’architeéfure qui fût dans l’Ifle :c’étoic une fabrique de pierre élevée en pyramide , furune bafe en quarré long , de deux cents foixante-fept pieds de long & de quatre-vingt-fept de large ;elle étoit conftruite comme les petites élévations pyra-midales , fur lefquelles nous plaçons quelquefois lacolonne d’un cadran folaire & dont chaque côté eft enforme d’efcalier ; les marches des deux côtés étoientplus larges que celles des bouts , de forte que l’édificene fe terminoit pas en parallélograme comme la bafe,mais en un faîte reffemblant au toit de nos maifons.Nous comptâmes onze rampes élevées chacune de4 pieds, ce qui donne 44 pieds pour la hauteur dubâtiment. Chaque marche étoit compofée d’un rang dç