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Ann . 1769,Juin.
42.0 Voyage
pacc d’une lieue, ils demandèrent que nous les millionsà terre; nous les fatisfîmes fur le champ, & nous ren-contrâmes quelques - uns de leurs fujets qui appor-toient un très-gros cochon. Nous étions aufli emprefiesd’avoir cet animal , qu’Omoé l’étoit d’acquérir la ha-che , & certainement il valoit bien la meilleure decelles que nous avions dans le vaiflèau. Nous trouvâ-mes un expédient , nous dîmes à l’Otahitien que s’ilvouloit amener fon cochon au Fort à Mataxai 3 nomindien de la baie de Port-Royal, nous lui donnerionsline grande hache , & par - deiïus le marché unclou pour fa peine. Après avoir délibéré avec fa fem-me fur cette propofition , il y confentit ; & il nousremit une grande pièce d’étoffe de fon pays, pour gagequ’il rempliroit la convention , ce qu’il ne fit pour-tant pas.
Nous vîmes à cet endroit une curiofité finguliere,c’étoit la figure d’un homme groffiérement faite d’o-fier, mais qui n’étoit point mal deffinée ; elle avoitplus de fept pieds de haut , & elle étoit trop grofi’ed’après cette proportion. La carcafîe étoit entière-ment couverte de plumes blanches , dan 1 ^ les partiesoù ils laiffent à leur peau fa couleur naturelle , &noires dans celles où ils ont coutume de fe peindre ;on avoit formé des efpèces de cheveux fur la tête, &quatre protubérances, trois au front & une par-der-rière, que nous aurions nommées des cornes, mais queles Indiens décoroient du nom de Tate - Eté , petitshommes. Cette figure s’appelloit Manioe , & on nousdit qu’elle étoit feule dans fon efpèce à Otahiti. Ils