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2 (1774)
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418
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Ann. 1769.Juin.

.418 Voyage

frayeur , avoir abandonne : nous ne voulûmes pas lepourfuivre plus longtems, & il séchappa. En revenantnous trouvâmes entièrement délerte la maifon quiétoit remplie auparavant de deux ou trois cens per-fonnes. Les Indiens sappercevant bientôt que nousnavions du reffentiment que contre Mathiabo, le chefWiverou , la femme ôc plufieurs autres fe rapprochè-rent & logèrent dans le même endroit que nous pen-dant la nuit. Nous étions cependant deftinés a une nou-velle fcène de trouble & dinquiétude ; notre Sentinellenous donna lallarme fur les cinq heures du matin , &nous apprit quon avoir pris le bateau. Il dit quil lavoirvu amarré à fon grappin une demi-heure auparavant,mais quen entendant enfuite le bruit des rames , ilavoit regardé sil y étoit encore, & quil ne lavoit pasapperçu. Nous nous levâmes promptement à cettetrille nouvelle, & nous courûmes au bord de leau.Les étoiles brilloient & la matinée étoit claire; la vuesétendoit fort loin, mais nous napperçûmes point debateau. Nous étions dans une fituation capable de juf-tifer les plus terribles craintes , il faifoit calme toutplat, il étoit impofible de fuppofer que le bateau sé-toit détaché de fon grappin ; nous avions de fortesraifons dappréhender que les Indiens ne leuflent at-taqué, & que, profitant du fommeil de nos gens, ils11eufîent réuffi dans leur entreprife. Nous nétions quequatre, nous navions quun fufil & deux piftolets depoches chargés, mais fans aucune provifion de ballesni de poudre. Nous reliâmes long-tems dans cet étatd anxiété & de détrefîe, attendant à tout moment queles Indiens foudroient fur nous , lorfque nous vîmes