du Capitaine Cook. 417
pièce d’étoffe d 'Otahiti. Mathiabo s’appercevant de ceque nous faifions , prétendit qu’il avoir aufli befoin -Ann- 1769.d’un manteau; comme il s’étoit très-bien comporté ànotre égard , & qu’il nous avoit rendu quelques'fer-vices , nous ordonnâmes qu’on en apportât un pourlui. Nous nous couchâmes en remarquant que Ma-thiabo n’étoit pas avec nous ; nous crûmes qu’il étoitallé fe baigner, comme ces Indiens ont la coutume deJe faire avant de dormir. A peine avions-nous atten-du quelques inftans , qu’un Otahitien , que nous neconnoiffions pas, vint dire à M. Banks que Mathiabo& le manteau avoient difparu. Ce chef avoit telle-ment gagné notre confiance , que nous ne crûmes pasd’abord ce rapport ; mais Tuahow notre Indien leconfirma bientôt, & nous reconnûmes qu’il n’y avoicpoint de tems à perdre. Nous ne pouvions pas efpé-rer de rattraper le voleur , fans le fecours des In-diens qui étoient autour de nous ; M. Banks fe levapromptement, leur raconta le délit, & les chargea derecouvrer le manteau ; & , afin que fa demande fitplus d’impreflion, il montra un de fes piftolets de po-che qu’il portoit toujours avec lui. La vue du piffolecallarma toute l’alfemblée , & , au lieu de nous aiderà pourfuivre le voleur , ou retrouver ce qui avoit étépris, les Indiens s’enfuirent en grande précipitation ;nous faifimes pourtant un d’entr’eux qui s’offrit alorsà diriger nos pas du côté du voleur, Je partis avecM. Banks ; & quoique nous couruflions , pendanttout le chemin, l’âllarme nous avoit déjà précédé, &dix minutes après nous rencontrâmes un homme quirapportoit le manteau que Mathiabo , pénétré deTome IL G g g