Ann. 1769.Juin,
411 Voyage
! une meute de chiens, Nous ne vîmes dans cet endroitaucune maifon qui parut habitée , mais feulement lesruines de plufieurs grandes cafés. Nous tirâmes le longde la côte qui forme une baie , appellée Üaitipeha, &enfin nous trouvâmes le chef aflis près de quelquespavillons de petites pirogues, fous lefquelles nous Ap-posâmes que lui & fes gens paffoient la nuit : c’étoicun vieillard maigre dont les ans avoient blanchi labarbe & les cheveux, il avoit avec lui une jolie femmed’environ vingt-cinq ans, & qui fe nommoit Toudidde;nous avions fouvent entendu parler de cette femme ,& ce qu’on nous a dit , ainfi que ce que nous enavons vu nous a fait penfer que c’étoit PObéréa decette Péninfule. Les récifs qui font le long de la côte ,forment entre cet endroit & l’ifthme des havres oùles vaiffeaux pourroient être en parfaite sûreté. Laterre porte S. S. E., & S. jufqu’à la partie S. E. de l’Ifle.Tearée , le fils de Waheatua de qui nous avions ache-té un cochon nous accompagnoit ; le pays que nousparcourûmes fembloit être plus cultivé que le refîede rifle, les ruiffeaux couloient par-tout dans des litsétroits de pierre, & les endroits de la côte baignés parla mer, paroiffoient auffi couverts de pierres. Les mai-fons ne font ni vafles , ni en grande quantité ; maisles pirogues qui étoient amarrées le long de la côteétoient innombrables ; elles étoient plus grandes &mieux faites que toutes celles que nous avions vuesjufqu’alors , l’arrière étoit plus haut, la longueur dubâtiment plus confidérable, & les pavillons foutenuspar des colonnes. Prefque à chaque pointe de la côte,il y avoit un bâtiment fépulchral ; nous en vîmes