Ann. 1769.Juin.
du Capitaine Cook. 405
fortement avec fes mains le nez & le mufeau, opéra- -■tion qui dura plus d’un quart-d’heure.
Pendant ce tems les Indiens firent un trou en terred’environ un pied de profondeur, dans lequel on allumadu feu , & l’on y mit des couches alternatives de petitespierres & de bois pour le chauffer. Tupia tint pendantquelque tems le chien fur la flamme, & en le raclantavec une coquille, tout le poil tomba comme s’il avoitété échaudé dans une eau bouillante. Il le fendit avecla même coquille , & en tira les inteftins , qui
furent envoyés à la mer , où ils furent lavés avec foin& mis dans des coques de noix de cocos , ainfi quele fang qu’011 avoit tiré du corps en l’ouvrant. On ôtale feu du trou lorfqu’il fut affez échauffé , & on mitau fond quelques-unes des pierres qui n’étoient pasaffez chaudes pour changer la couleur de ce qu’ellestouchoient ; on les couvrit de feuilles vertes fur lef-quelles on plaça le chien avec fes inteftins ; on étenditfur l’animal une fécondé couche de feuilles vertes &de pierres chaudes, & on boucha le creux avec de laterre. En moins de quatre heures on le r’ouvrit , onen tira l’animal très-bien cuit, & nous convînmes tousque c’étoit un excellent mêt. On ne donne point deviande aux chiens qu’on nourrit dans l’Ifle pour latable, mais feulement des fruits-k-pain , des noix decocos, des ignames & d’autres végétaux ; les Otahitiensapprêtent de la même manière toutes les chairs & poif-fons qu’ils mangent.
Le ai , nous reçûmes au Fort la viftte d’un chef,appelle Oamo, que nous n’avions pas encore vu , ôc