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^ nous retenions toujours les pirogues ; nousA™. 1769. re çû mes ] e foir une vifite d’Obéréa , de nous fûmes très-furpris en voyant qu’elle ne nous rapportoit aucun deseirets qu’on nous avoit volés, car elle favoit qu’elle étoitfoupçonnée d’en avoir quelques - uns en garde. Elledit, il eft vrai qu 'Obadée fon favori, qu’elle avoit ren-voyé de battu, les avoit emportés ; mais elle fembloitfentir qu’elle n’avoit pas droit d’être crue fur fa parole;elle laifia voir les lignes de crainte les plus mar-qués ; cependant elle les furmonta avec une réfolutionfurprenante, & elle nous fit de très-grandes inftancespour que nous lui permîffions de palier la nuit ellede fa fuite dans la tente de M. Banks. Nous ne vou-lûmes pas y confentir , l’hiftoire des habits volés étoittrop récente , de d’ailleurs la tente étoit déjà remplied’autres perfonnes. Aucun autre de nous ne fut dif-pofé à la recevoir , de elle coucha dans fa piroguetrès-mortifiée de très-mécontente.
Le lendemain, 20, dès le grand matin , elle revintau Fort avec fa pirogue , de ce qui y étoit contenu, feremettant à notre pouvoir avec une efpèce de gran-deur d’ame qui excita notre étonnement de notre ad-miration. Afin d’opérer plus efficacement la réconci-liation , elle nous préfenta un cochon de plufieurs autreschofes , de entr’autres un chien. Nous avions apprisque les Indiens regardent cet animal comme une nour-riture plus délicate que le porc , de nous réfolûmes àcette occafion de vérifier l’expérience. Nous remîmesle chien qui étoit très-gras h Tupia , qui fe chargead’être le boucher de le cuifinier. Il le tua , en lui ferrant