du Capitaine Cook. 403
leur proie; je me décidai enfin à les relâcher, très-mortifié du mauvais fuccès de mon projet.
1 1 arriva fur ces entrefaites un autre accident quifut fur le point de nous brouiller avec les Indiens ,malgré toutes les précautions que nous prenions pourentretenir la paix. J’envoyai à terre la chaloupe, afind’en rapporter du left pour le vaifleau ; l’Officier quila commandoit ne trouvant pas d’abord des pierresqui lui convinffent , fe mit à abattre quelques partiesd’une muraille qui enférmoit un terrein où ils dépo-foient les os de leurs morts : les Otahitiens s’y oppo-sèrent avec violence, & un meffiager revint aux tentesnous avertir qu’ils ne vouloient pas fouffrir cette entre-prife. M. Banks partit fur le champ & termina bien-tôt la difpute à l’amiable , en envoyant les gens de lachaloupe à la rivière, où l’on pouvoit raflembler aflezde pierres pour le leftage du bâtiment, fans offenferles Naturels du pays. Il faut bien remarquer qu.e cesIndiens paroiffoient beaucoup plus jaloux de ce qu’onfaifoit aux morts qu’aux vivans. Ce fut le feul cas oùils osèrent nous réfifter , & excepté dans une autreoccafion du même genre, ils n’ont jamais infulté quique ce foit parmi nous. M. Monkhoufe cueillant unjour une fleur fur un arbre fitué dans un de leursenclos funéraires , un Otahitien qui l’apperçut , vinttout-à-coup par derrière lui & le frappa ; M. Monk-houfe failit fon adverfaire ; mais deux autres Indiensapprochèrent à l’inftant, prirent notre Chirurgien parles cheveux , le forcèrent de lâcher leur compatriote ,& s’enfuirent enfuite fans lui faire d’autre violence.
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Ann. 1769.Juin.