4oi Voyage
les effets qu’on nous avoit dérobés, & que dans peuon ne nous les rapportât, puifque tous les Otahitiensy étoient intéreffés. J’en fis la lifte ; elle étoit compoféeprincipalement du fourgon , du fufil , qui avoit étépris au Soldat de marine, lorfque l’Otahitien fut tué :des piftolets & des habits que M. Banks avoit perdusà Atahourou , d’une épée qui appartenoit à un de nosbas Officiers, & du tonneau. Sur le midi on rendit lefourgon, & ils firent de vives inftances pour que jerelâchaffe les pirogues ; mais je m’en tins toujours àmes premières conditions. Le lendemain , 15 , vint,& on ne rapporta rien de plus ; ce qui me furpritbeaucoup, car les Infulaires étoient dans le plus grandembarras pour leur poiffon qui alloit fe gâter danspeu de tems. Je fus donc réduit à l’alternative défa-gréable de relâcher les pirogues contre ce que j’avoisdéclaré folemnellement & en public, ou de les déte-nir au détriment de ceux qui étoient innocents, & fansque nous en retiraffions aucun profit. J’avifai un ex-pédient paffager, je leur permis dé prendre le poiffon ;mais je retins toujours les pirogues : cette permiffionproduifit de nouveaux défordres & de nouvelles injuf-tices; comme il n’étoit pas facile de diftinguer à quile poiffon appartenoit en particulier , ceux qui n’yavoient point de droit profitèrent de la circonftance &pillèrent les pirogues. Ils réitérèrent leurs follicîtationspour que je renvoyaffe ces bâtimens ; j’avois alors lesplus fortes raifons de croire que les effets dérobés n’é-toient pas dans l’Ifle, ou que ceux qui fouffroient parla détention des pirogues , n’avoient pas affez d’in-fluence fur les voleurs pour les engager à abandonner