du Capitaine Cook. 401
les Otahitiens fufient des crimes dignes de mort ; parce -
qu’on pend les voleurs en Angleterre, je ne penfai N ^V 7pas qu’on dût les fufiller à Otahiti: c’eût été exécuterfur les naturels du pays , une loi faite après coup; ilsn’avoient point parmi eux de loi femblable , & il mefembla que nous n’avions pas droit de la leur impofer.
En voulant jouir des avantages de la fociété civile, ilsn’ont pas comme nous accepté pour condition des’abftenir de vol fous peine d’être puni de mort. Je nevoulois point les expofer à nos armes à feu chargéesde balles , & jç ne me fouciois pas trop qu’on tirâtfur eux feulement avec de la poudre. Le bruit de l’ex-plofion ôc la fumée les auroit d’abord allarmés , mais,dès qu'ils auroient vu qu’il ne leur en arrivoit pointde mal, ils auroient peut-être méprifé nos armes , 6cils en feroient venus k des infultes que nous aurionsété forcés de repouflèr d’une maniéré plus à craindrepour eux. Au contraire , en ne tirant jamais qu’à balle ,nous pouvions les maintenir dans la crainte qu’ilsavoient de nos armes a feu, & nous mettre a l’abri deleurs outrages. Il furvint alors un incident que je re-gardai comme un expédient favorable à mon deflèin.
Une vingtaine de leurs pirogues étoient venues près denous chargées de poiflon , je les fis faifir fur le champ6c conduire dans la riviere derrière le Fort, 6c j’avertistous les Otahitiens que nous allions les brûler, fi onne nous rendoit pas le fourgon 6c les autres chofesqu’ils avoient volées , depuis notre arrivée dans l’ifle.
Je hafardai de publier cette menace, quoique je ne fuflepas dans le delfein de la mettre k exécution ; je nedoutois pas qu’elle ne parvînt k ceux qui pofiedoiençTome IL Eee