Voyage
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la vénération; tels font pourtant les Bardes & les Me-neflrels d’Otahiti : ils improvifoient & joignoient lamufique de leurs inftruments au fon de leurs voix ;ils alloient continuellement d’un lieu à un autre , &le Maître de la mailon & l’affemblée, leur donnoienten récompenfe les chofes dont ils pouvoient fe palier,& dont ces Bardes avoient befoin.
Le 14, on commit au Fort un vol qui nous jettadans de nouvelles difficultés , & dans de nouveauxinconvéniens. Au milieu de la nuit , un Otahirientrouva moyen de dérober un fourgon de fer qui nousfervoit pour le four ; 011 l’avoit dreffié par halàrd con-tre la paîiflade , de forte qu’on voyoit en - dehors lebout du manche ; nous apprîmes que le voleur , quil’avoit lorgné le foir, étoit venu fecrètement fur lestrois heures du matin, & que, guettant le moment oùle Sentinelle étoit détournée, il avoit adroitement failile fourgon avec un grand bâton crochu, & l’avoit tirépar-deffus la palifî'ade. Je crus qu’il étoit important detâcher de mettre fin à tous ces vols, en employant unmoyen qui rendroit les naturels du pays intéreffés eux-mêmes à les prévenir. J’avois donné ordre qu’on netirât pas fur eux , lors même qu’ils étoient pris enflagrant délit : j’avois pour cela plufieurs raifons; je nepouvois pas donner aux Soldats de garde un pouvoirde vie & de mort ., dont ils feroient les maîtres defaire ufage quand ijs le voudroient, & j’avois déjàéprouvé qu’ils n’étoient que trop empreffiés à tuerlégèrement lorfqu’ils en .avoient la permiffion. Je neeroyois pas d’ailleurs que les vols que nous faifoient
les