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2 (1774)
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Voyage

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769.

la vénération; tels font pourtant les Bardes & les Me-neflrels dOtahiti : ils improvifoient & joignoient lamufique de leurs inftruments au fon de leurs voix ;ils alloient continuellement dun lieu à un autre , &le Maître de la mailon & laffemblée, leur donnoienten récompenfe les chofes dont ils pouvoient fe palier,& dont ces Bardes avoient befoin.

Le 14, on commit au Fort un vol qui nous jettadans de nouvelles difficultés , & dans de nouveauxinconvéniens. Au milieu de la nuit , un Otahirientrouva moyen de dérober un fourgon de fer qui nousfervoit pour le four ; 011 lavoit dreffié par halàrd con-tre la paîiflade , de forte quon voyoit en - dehors lebout du manche ; nous apprîmes que le voleur , quilavoit lorgné le foir, étoit venu fecrètement fur lestrois heures du matin, & que, guettant le momentle Sentinelle étoit détournée, il avoit adroitement failile fourgon avec un grand bâton crochu, & lavoit tirépar-deffus la palifî'ade. Je crus quil étoit important detâcher de mettre fin à tous ces vols, en employant unmoyen qui rendroit les naturels du pays intéreffés eux-mêmes à les prévenir. Javois donné ordre quon netirât pas fur eux , lors même quils étoient pris enflagrant délit : javois pour cela plufieurs raifons; je nepouvois pas donner aux Soldats de garde un pouvoirde vie & de mort ., dont ils feroient les maîtres defaire ufage quand ijs le voudroient, & javois déjàéprouvé quils nétoient que trop empreffiés à tuerlégèrement lorfquils en .avoient la permiffion. Je neeroyois pas dailleurs que les vols que nous faifoient

les