du Capitaine Cook. 397
nous die que les arbres promettoient une récolte abon-dante , & que chacun avoit alors cueilli une partie desfruits, pour en faire une efpèce de pâte aigrelette, queles naturels du pays appellent Mahie , & qui , aprèsavoir fubi une fermentation , fe conferve pendant untems confidérable , ôc leur fert d’aliments lorfque lesfruits ne font pas encore mûrs.
Le principal perfonnage du deuil devoit faire, le io ,la cérémonie en l’honneur de la vieille femme, dontnous avons déjà décrit le tombeau ; M. Banks étoit ficurieux de voir tous les myftères de lafolemnité, qu’ilréfolut de s’y charger d’un emploi , après qu’on luie,ut dit qu’il ne pouvoir pas y aflifler fans cette condi-tion. Il alla donc le foir dans l’endroit où étoit dépoféle corps, ôc il fut reçu par la fille de la défunte, quel-ques autres perfonnes & un jeune homme d’environquatorze ans, qui fe préparoient tous à la cérémonie.Tubouraï Tamaïdé en étoit le chef, on voit dansune des planches la figure de fon habillement extrê-mement bifarre, ôc qui pourtant lui fieoit affez bien.On dépouilla M. Banks de fes vêtemens à l’Européen-ne; les Indiens nouèrent autour de fes reins une pe-tite pièce d’étoffe , ôc ils lui barbouillèrent tout lecorps jufqu’aux épaules, avec du charbon ôc de l’eau,de maniéré qu’il étoit auffi noir qu’un nègre. Ilsfirent la même opération à plufieurs perfonnes , &entr’autres à quelques femmes qu’on mit dans le mê-me état de nudité que lui ; le jeune homme fut noircipar - tout, ôc enfuite le convoi fe mit en marche.
Tubouraï Tamaïdé proféroit près du corps
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Ann. 1769Juin.