Voyage
Ann. i769.Juin.
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quelques mots que nous avons jugés être une prière ;il récitoit les mêmes paroles lorfqu’il fut arrivé dansfa maifon ; ils continuèrent enfuite leur route vers leFort, dont nous leur avions permis d’approcher danscette occafion. Les Otahitiens ont coutume de s’enfuiravec la plus grande précipitation à l’arrivée du con-voi; dès qu’il fut apperçu de loin par ceux qui étoientaux environs du Fort , ils allèrent fe cacher dans lesbois. Le convoi marcha du Fort le long de la côte, &mit en fuite une autre troupe d’indiens qui étoientplus de cent, & qui fe retirèrent tous dans le premierlieu écarté qu’ils purent rencontrer. Il traverfa enfuitela riviere, & entra dans les bois , paffant devant pla-ceurs maifons qui étoient toutes défertes , & l’on nevit pas un feul Otahitien pendant le refte de la pro-ceffion qui dura plus d’une demi - heure : ils appel-lent Nineveh, la fonction que faifoit M. Banks; deuxautres comme lui étoient chargés du même emploi :comme les naturels du pays avoient tous difparu , ilsallèrent dire au principal perfonnage du deuil, Ima-tata , n il n’y a perfonne a ; enfin on renvoya tous lesgens du convoi fe laver dans la riviere , & prendreleurs habits ordinaires.
Le ix, quelques-uns des naturels du pays fe plai-gnirent à moi, que deux des Matelots leur avoient prisdes arcs, des flèches & des cordes faites avec des che-veux trefies; j’examinai l’affaire, & trouvant que l’ac-cufation étoit prouvée, je fis donnera chacun des cou-pables vingt-quatre coups de fouet.
Nous n’avons point encore parlé de leurs arcs ôc