du Capitaine Cüok. 395
parmi les hommes. Malgré le mépris que nous avonspour les cérémonies funéraires, qui ne nous font pointfamilières par l’habitude, où que la fuperftition ne nousa pas rendu facrées , la plupart des hommes s’occu-pent gravement à empêcher que leur corps ne foitrompu dans un champ par le hoyau du laboureur oudévoré par les vers lorfqu’il ne fera plus capable defenfation ; ils le font placer k prix d’argent dans uneterre fainte , lors même qu’ils croient que le fort defa future exiftence efk irrévocablement décidé. Nousfommes fi fortement portés à afl'ocier des idées defenfations agréables ou douloureufes aux opinions &aux aêtions qui nous affeélent pendant la vie que nousagiflons involontairement, comme fi après la mortelles dévoient faire la même impreffion fur nous , ceque pourtant perfonne n’oferoit foutenir.
Ainsi il arrive que le defir de conferver fans tacheou de tranfmettre avec honneur le nom que nous lait-fons après nous , eft un des plus puiffans motifs , quirègle les aétions même des nations les plus éclairées.On doit convenir dans tous les principes que les mortsfont infenfibles à la réputation qu’ils laifl’ent aprèseux ; cependant, excepté dans les hommes vils quel’habitude de la baffefîe & du crime a rendu indiffé-rens à l’honneur & à la honte , la force de la raifon& les réflexions du fage ne peuvent pas furmonterce penchant que nous avons tous de laiffer un nomirréprochable ou célébré, lorfque nous ne ferons plus :e’eft-là , fans doute, une des heureufes imperfeâionsde notre nature , dont le bien général de la fociété
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Ann. 1769.Juin.