Voyage
Ann. 1769.Juin.
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bas. On enterre enfuite les os des morts dans un lieuvoilin de celui où on élève ainfi les cadavres pour leslaiffer tomber en pourriture.
Ii eft impoffible de deviner ce qui peut avoir in-troduit parmi ces peuples l’ufage d’éiever le mort au-defl'us de la terre , jufqu’à ce que la chair foit confu-mée par la putréfaction , & d’enterrer enfuite les os ;mais c’eft une chofe digne de remarque , qu’Elien &Apollonius de Rhodes attribuent une coutume fem-blable aux anciens habitans de la Colchide , pays au-trefois fitué près du royaume de Pont en Afie, & qu’onappelle aujourd’hui la Mingrelie; excepté pourtant quecette maniéré de difpofer des morts , n’avoit pas lieupour les deux fexes ; ils enterroient les femmes, maisils enveloppoient les hommes morts dans une peau, &les fufpendoient en l’air avec une chaîne. Cet ufagedes habitans de la Colchide avoit fa fource dans leurcroyance religieufe. La terre & Pair étoient les princi-paux objets de leur culte, & l’on croit que , par unefuite de quelque principe fuperftitieux, ils dévouoientleurs morts à ces deux éléments. Nous n’avons jamaispû découvrir pofitivemenr fi les Otahitiens adoptentde pareils principes ; mais nous reconnûmes bientôtque les cimetières font auffi des lieux où ils vont rendreune forte de culte religieux. Nous obferverons en pafiantque quoiqu’il foit très-abfurde d’imaginer que le bon-heur ou le malheur d’une vie future dépend en quel-que maniéré de la façon dont on difpofera des cadavreslorfque le tems de l’épreuve fera pafiée, cependantrien n’elt plus général que cette efpèce d’inquiétude