du Capitaine Cook. 393
rent le corps en-défions , fur un chaffis tel que nousl’avons décrit plus haut. Le corps étoit couvert d’unebelle étoffe, & on avoit placé près de lui du fruit-k-pain, du poiffon & d’autres provifions. Nous fupposâ-mes que les aliments étoient préparés pour l’efprit dudéfunt, & que par conféquent ces Indiens ont quel-ques idées confufes de l’exiftence des âmes après lamort ; mais, lorfque nous nous adrefsâmes à Tubou-raï Tamaïdé , afin de nous inftruire plus particuliére-ment fur cette matière , il nous dit que ces alimentsétoient des offrandes qu’ils préfentoient à leurs Dieux :ils ne fuppofoient cependant pas que les Dieux man-geâffent , ainfi que les Juifs ne penfoient point queJéhovah pût habiter dans une maifon. Il faut regarderleur offrande de la même maniéré que le Temple deJérufalem, c’eft-à-dire, comme un témoignage de ref-peét & de reconnoiffance , & un moyen de folliciter lapréfence plus immédiate de la Divinité. Vis-à-vis le„ quarré, il y avoit un endroit où les parents du défuntalloient payer le tribut de leur douleur; & au-deffousdu pavillon, on trouvoit une quantité innombrable depetites pièces d’étoffes , fur lefquelles les pleureursavoient verfé leurs larmes & leur fang ; car dans lestranfports de leur chagrin , c’eft un ufage univerfelparmi eux de fe faire des bleffures avec la dent d’ungoulu de mer. A quelques pas delà, on avoit dreffédeux petites huttes; quelques parens du défunt demeu-rent habituellement dans l’une, & l’autre fert d’habi-tation au principal perfonnage du deuil qui eft tou-jours un homme revêtu d’un habillement fingulier, &qui fait des cérémonies que nous rapporterons plusTome II. D d d
Ann. 1769.Juin.