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brifoit fur eux avant qu’ils fuflent à moitié chemin ,Ann 1769. & a ] ors ij s plongeoient & fe relevoient d’un autre côtéen tenant toujours le refte de pirogue: ils le remettoientà nager de nouveau au large , ôc revenoient enfuitepar la même manœuvre, à peu près comme nos en-fants dans les jours de fêtes, grimpent la colline duparc de Greenwich , pour avoir le plaifir de fe rou-ler en-bas. Nous reliâmes plus-d’une demi - heureà contempler cette fcène étonnante. Pendant cetintervalle aucun des nageurs n’entreprit d’aller àterre ; ils fembloient prendre h ce jeu le plaifir leplus vif ; nous continuâmes alors notre route , ôcenfin le foir nous arrivâmes au fort. On peut remarquerà cette occafion que la nature humaine eft douée deplufieurs facultés, qui ne font portées que rarementau degré de développement dont elles font fufcepti-bles, ôc que tous les hommes font capables de certainsefforts qu’aucun d’eux ne fait , k moins qu’il n’y foitporté par le befoin ou par des circonfiances extraor-dinaires. Ces nageurs en déployant des forces dont nousavons tous l’ufage, k moins que nous ne foyons at-taqués de quelque infirmité particulière , opéroientdes prodiges qui nous femblent au-deffus de la na-ture. Des exemples plus familiers montrent encore lavérité de cette obfervation. Les danfeurs de corde &les voltigeurs ne font que perfectionner des facultésque tous les individus ont comme eux ; ils n’ont pointreçu de don particulier de la nature : tous les hom-mes, il eft vrai, avec autant d’exercice & d’habitude,ne deviendroient pas auffi habiles dans leur art ; maisil eft inconteftable qu’ils y feroient du moins quelques
progrès,
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