du Capitaine Cook. 3S3
demander les cochons qu’on nous avoic promis ; maisnos tentatives furent également fans fuccès. Sur lemidi nous marchâmes vers le bateau, affez mécontents,6c n’emportant rien avec nous que ce que nous avionsacheté la veille du boucher & du cuifinier deTootahah.
En retournant au bateau nous eûmes un fpeâaclequi nous dédommagea en quelque maniéré de nosfatigues 6c de nos pertes. Chemin faifant nous arri-vâmes à un des endroits en petit nombre, où l’Iflen’eft pas environnée par des récifs, 6c où par confé-quent une houle élevée brife fur la côte ; les lamesétoient des plus effrayantes que j’euffe jamais vues ,il auroit été impoflible à un de nos bateaux de s’entirer , 6c fi le meilleur nageur de l’Europe avoit étépar quelque accident expofé à leur furie, je fuis per-fuadé qu’il y auroit été bientôt englouti par les flotsou écrafé contre les groffes pierres dont le rivageétoit couvert ; cependant nous y vîmes dix ou douzeIndiens qui nageoient pour leur plaifir ; lorfque les flotsbrifoient près d’eux, ils plongeoient par deffous, 6creparoiffoienc de l’autre côté avec une adreffe 6c unefacilité inconcevables. Ce qui rendit ce fpeètacle en-core plus amufant, ce fut que les nageurs trouvèrentau milieu de la mer l’arriere d’une vieille pirogue ;ils le faifirent 6c le poufsèrent devant eux en nageantjufqu’à une allez grande diftance en mer ; alors deuxou trois de ces Indiens fe mettoient deffus, 6c tournantle bout quarré contre la vague, ils étoient chaffés versla côte avec une rapidité incroyable, 6c quelquefoismême jufqu’à la grève ; mais ordinairement la vague
Ann. 1769.Mai.