Ann. 17(39.Mai,
382, Voyage
aufii en fe montrant qu’ils avoient perdu leur jufte-au-corps. Nous résolûmes pourtant d’entendre la mu-fique, quelque mal vêtus que nous fuflïons. Le con-cert étoit compofé de quatre tambours, de trois flûtes& de plufieurs voix ; il dura environ une heure, &lorfqu’il fut fini, nous nous retirâmes dans les endroitsoù nous avions couché , après être convenus que juf-qu’au lendemain matin nous ne ferions aucune dé-marche pour retrouver nos habits.
Le a8 , nous nous levâmes à la pointe du jour,fuivant l’ufage de l’Ifle. Le premier homme que vitM. Banks fut Tupia qui gardoit fidèlement fon fufil;Obéréa lui apporta bientôt quelques vêtemens de fonpays, pour lui fervir au défaut des fiens, de fortequ’en nous abordant il portoit un habillement bigarrémoitié à l’Otahitienne & moitié à l’Angloife. Exceptéle Dofteur Solander dont nous ne connoiflions pas legîte, & qui n’avoit point afîifté au concert, nousfûmes bientôt réunis. Peu de tems après Tootahahparut, & nous le preflames de chercher nos habitsqu’on avoit dérobés; mais nous ne pûmes jamais luiperfuader, non plus qu’à Obéréa , de faire aucunedémarche à cet effet, & nous foupçonnâmes alorsqu’ils étoient complices du vol. Sur les huit heures M.Solander vint nous joindre;il avoit paffé la nuit dansune café à un mille de diftance , chez des hôtes plushonnêtes que les nôtres, & on ne lui avoit rien pris.
Nous perdîmes alors tout efpoir de recouvrer noshabits, dont en effet nous n’avons jamais entendu par-ler dans la fuite , & nous paflâmes toute la matinée à