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2 (1774)
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382
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Ann. 17(39.Mai,

382, Voyage

aufii en fe montrant quils avoient perdu leur jufte-au-corps. Nous résolûmes pourtant dentendre la mu-fique, quelque mal vêtus que nous fuflïons. Le con-cert étoit compofé de quatre tambours, de trois flûtes& de plufieurs voix ; il dura environ une heure, &lorfquil fut fini, nous nous retirâmes dans les endroits nous avions couché , après être convenus que juf-quau lendemain matin nous ne ferions aucune dé-marche pour retrouver nos habits.

Le a8 , nous nous levâmes à la pointe du jour,fuivant lufage de lIfle. Le premier homme que vitM. Banks fut Tupia qui gardoit fidèlement fon fufil;Obéréa lui apporta bientôt quelques vêtemens de fonpays, pour lui fervir au défaut des fiens, de fortequen nous abordant il portoit un habillement bigarrémoitié à lOtahitienne & moitié à lAngloife. Exceptéle Dofteur Solander dont nous ne connoiflions pas legîte, & qui navoit point afîifté au concert, nousfûmes bientôt réunis. Peu de tems après Tootahahparut, & nous le preflames de chercher nos habitsquon avoit dérobés; mais nous ne pûmes jamais luiperfuader, non plus quà Obéréa , de faire aucunedémarche à cet effet, & nous foupçonnâmes alorsquils étoient complices du vol. Sur les huit heures M.Solander vint nous joindre;il avoit paffé la nuit dansune café à un mille de diftance , chez des hôtes plushonnêtes que les nôtres, & on ne lui avoit rien pris.

Nous perdîmes alors tout efpoir de recouvrer noshabits, dont en effet nous navons jamais entendu par-ler dans la fuite , & nous paflâmes toute la matinée à