du Capitaine Cook. 381
Banks commença k avoir des craintes ; on n’avoit pasemporté Ton fufil, mais il avoit négligé de le charger ;il ne favoit pas où le Docteur Solander & moi paf-fions la nuit, & dans ce qui devoit lui arriver, il nepouvoit pas recourir k notre fecours. Il crut cepen-dant qu’il valoit mieux ne point montrer de crainteni de foupçon à l’égard des Otahitiens avec qui ilétoit ; il donna fon fufil k Tupia qui s’étoit éveilléau milieu du défordre , & qu’il chargea d’en pren-dre foin , en le priant en même - tems de reliercouché. Il ajouta qu’il étoit fatisfait des peines queTootahah & Obéréa avoit prifes pour retrouver feseffets , quoiqu’elles eulfent été inutiles. M. Banks ferecoucha allez déconcerté ; il entendit bientôt aprèsde la mulique, & il vit des lumières à peu de diftancefur le rivage : c’étoit un concert ou alfemblée, qu’ilsappellent Heïva, nom général qu’ils donnent k toutesles fêtes publiques. Comme ce fpeéfacle devoit né-celfairement ralfembler beaucoup d’indiens, & queje pouvois peut-être m’y trouver, ainfi que d’autresAnglois , M. Banks fe leva pour y aller aulli. Leslumières & le fon l’amenèrent dans une café où j’é-tois avec trois autres perfonnes du vailfeau. Il nousdiftingua aifément du refie delà foule; il s’approchaprefque nud & nous raconta fa triffe aventure ; nousle confolâmes , comme les malheureux fe confident en-tr’eux; nous lui dîmes que nous avions été aulli mal-traités que lui ; je lui fis voir que j’avois les jambesnues, & lui dis qu’on avoit volé mes bas fous matête, quoique je fufTe fûr de ne pas avoir dormi pen-dant toute la nuit. Mes compagnons lui prouvèrent
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Ann. 1769.Mai.