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différentes. Un jeune homme de près de fix pieds &*^ N ^ a I 7 69 ‘ line jeune fille de onze à douze ans facrifièrent àVénus, devant plufieurs de nos gens & un grand nom-bre de Naturels du pays, fans paroître attacher aucuneidée d’indécence lî. leur aélion , & ne s’y livrant aucontraire , à ce qu’il nous fembloit, que pour fe con-former aux ufages du pays. Parmi les fpedateurs,il y avoit plufieurs femmes d’un rang diftingué , deen particulier Obéréa, qui, à proprement parler ,préfidoit à la cérémonie ; car elle donnoit à la fille desinfiruéfions fur la maniéré dont elle devoit jouer fonrôle ; mais quoique la fille fût jeune, elle ne paroiffoitpas en avoir befoin.
Nous ne racontons pas cet évènement comme unpur objet de curiofité ; mais parce qu’il peut fervirdans l’examen d’une queftion qui a été long-tems dis-cutée par les philofophes. La honte qui accompagne cer-taines a&ions que tout le monde regarde comme inno-centes en elles-mêmes , eft-elle imprimée dans le cœurde l’homme par la nature, ou provient-elle de l’habi-tude & de la coutume ? Si la honte n’a d’autre ori-gine que la coutume des nations , il ne fera peut-êtrepas aifé de remonter à la fource de cette coutume,quelque générale qu’elle foit ; fi cette honte efl: unefuite de l’inftinêi: naturel, il ne fera pas moins diffi-cile de découvrir comment elle eft anéantie ou fansforce parmi ces peuples, chez qui on n’en trouve pasla moindre trace.
Le 14 & le 13 , nous eûmes une autre occafion deconnoicre fi tous les Otahitiens étoient de complot dans