Voyage
Ann. 1769.Mai.
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maïiîé, qui dans toutes les occafions nous avoir ététrès-utile ; M. Banks réfolut de le fuivre fans délai,afin de foîliciter fon retour. Il partit le même foir ac-compagné de M. Molineux; ils le trouvèrent affis aumilieu d’un grand cercle de fes compatriotes, à quiprobablement il avoir raconté fon aventure & les crain-tes qu’elle lui faifoit naître. Son vifage prél'entoitl’image de la douleur & de l’abattement, & les mêmespaillons étoient également marquées avec force fur lafigure de tous les Otahitiens qui l’envïronnoient :lorfque M. Banks &c M. M lineux entrèrent dans lecercle , une des femmes exprima fon chagrin de lameme maniéré que Tcrapo dans une autre occaflon ,c’eft-à-d ire en fe perçant la tête à plufieurs reprifesavec la dent d’un goulu de mer, jufqu a ce qu’ellefût couverte de fang. M. Banks ne perdit point deterns pour tâcher de les confoler ; il affura le chefqu’il falloir oublier tout ce qui s’étoit pâlie , qu’il neleur vouloit aucun mal , & qu’ils n’avoient rien àcraindre. Tubouraï Tamaïdé fut bientôt calmé, &reprit fa confiance & fa tranquilitéj il ordonna detenir prête une double pirogue - , ils revinrent tous en-femble au fort avant le fouper, & pour gage d'uneparfaite réconciliation, l’Indien & fa femme pafferentla nuit dans la tente de M. Banks. Leur préfencecependant ne fuffit pas pour nous mettre à l’abri desinfulaires. Entre onze heures & minuit , un deuxs’efforça d’entrer dans le fort, en efcaladant les palif-fades , dans le deflein, fans doute , de voler tout cequ’il pourroit trouver. La fentinelle qui le découvrit,heureufement ne fit pas feu , &. le voleur s’enfuit .